Un jour ça ira

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Un jour ça ira

Documentaire d'1h30 de Stan et Edouard Zambeaux

En sortie le 14 février

Paris, 8e arrondissement, rue de Saint-Pétersbourg, près de la place Clichy. Un centre d’hébergement d’urgence (CHU) expérimental, géré par Aurore, une association, qui, depuis plus d’un siècle, vient en aide aux personnes dans des situations de précarité ou d’exclusion. Un jour ça ira est d'abord une chronique de la vie quotidienne de ce centre pas comme les autres.

Son titre est plus qu’une promesse, il agit comme un programme, porté par tous les enfants, véritables héros de ce film. Djibi, Ange, Mouna, Yahia et les autres, participent à deux ateliers de création : le premier est un atelier d’écriture, leurs articles seront publiés dans le journal Libération, et le second consiste à écrire, composer et interpréter leurs propres chansons pour un spectacle final.

Les enfants de ce centre viennent de tous les pays du monde. Djibi l'exprime dans une de ses réflexions : « le couloir, c'est un voyage dans le monde. » Soudan, Afghanistan, Tunisie, Italie... Djibi l'écrit aussi : il est « un sérial déménageur » ! L'extraordinaire force de ces enfants éclate à travers leurs paroles, elles témoignent d'une grande maturité et, en même temps, ces enfants cultivent sauvagement leur part d'enfance. Ils sont joyeux, tenaces et pleins de vie. Tout ce qu'ils possèdent tient dans une valise, mais le regard qu'ils portent sur le monde est infiniment puissant et précieux.

Au cours du film, le centre sera évacué pour une future réhabilitation. C'est donc un immense bâtiment en sursis, comme un paquebot, avec des enfilades de longs couloirs, distribuant, de part et d'autre, de nombreuses chambres, une cage d'escalier monumentale, de nombreux étages, un foyer et une bibliothèque gigantesque et très fournie, logée dans une ancienne cathédrale, toute blanche. C'est là que se trouve également le piano, qui sert aux ateliers de composition musicale. Cette cathédrale pourrait être la nef des fous. Un asile où l'on lit Victor Hugo, où l'on écrit et où l'on chante !

Comme les frères Dardenne, qu'ils admirent, Stan et Edouard Zambeaux sont frères. Edouard présentait déjà leur premier long métrage, Des clés dans la poche, comme « un film de frères sur une histoire de fraternité ». En effet, ce premier documentaire était déjà indirectement consacré à l'association Aurore, à travers l'itinéraire de quatre personnes ou familles, sans abris, relogées à Aurillac. Un Jour ça ira renouvelle leur intérêt et leur curiosité pour des gens oubliés par la société, et leur désir de les voir progresser.

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